2 juillet 2005, JPO de la PAFHA, 4eme édition: Haïti et sa diaspora, s’unir pour réussir. C’est une date inoubliable qui a marqué un tournant important dans ma vie de citoyen engagé. C’est l’année de mon premier contact avec la communauté haïtienne de France et le jour de ma première participation à une activité associative qui fut, sans aucun doute, l’une des plus marquantes de cette année-là.

Depuis cette initiation, jours après jours, mois après mois et années après années, mon engagement dans cette communauté ne cesse de se renforcer et de se consolider par la rencontre de femmes et d’hommes dévoués pour une cause qui est aussi devenue mienne, faire de la communauté haïtienne de France un modèle d’intégration, de cohésion et d’engagement envers le pays d’origine.

Cette communauté m’a tout donné et je lui dois tout en retour. Mon élection à la tête de la FEDHE, l’une des organisations à vocation fédératrice, est la preuve évidente de ce cadeau inestimable.

Je saisis l’occasion pour remercier ma sœur Rolaine, ancienne secrétaire générale du dixième département et membre fondatrice de l’association des femmes haïtiennes de France (AFHAF), d’avoir facilité mon intégration dans cette communauté. Sans elle, mon parcours aura été différent, et je n’aurais certainement pas eu l’opportunité de prendre la parole ce soir en tant que 3ème président de la FEDHE.

Je ne peux non plus ne pas remercier ma chère épouse, pour sa compréhension, sa patience et sa tolérance. Ce n’est pas facile de partager la vie d’un entrepreneur et d’un militant associatif qui fonctionne à 200 à l’heure. Des conférences téléphoniques tard la nuit, des week-ends entiers consacrés à des réunions, des heures interminables devant l’écran de l’ordinateur.

Le Conseil d’Administration de la FEDHE m’a élu à la tête de l’organisation pour un mandat de 3 ans. Trois ans pour rassembler les forces vives de cette communauté afin de contribuer à la double intégration de nos compatriotes dans les pays d’accueil et en Haïti.

En tant que nouveau président de la FEDHE, je suis venu tendre la main à toutes celles et à tous ceux qui se sentent fatigués de s’identifier à une communauté, si elle existe, fractionnée, divisée, dépourvue de représentativité.

Une communauté ou n’importe qui peut se présenter n’importe où, à n’importe quel instant, pour dire n’importe quoi au nom de tous les haïtiens de France et d’Europe.

Une communauté où la médiocrité mets trop souvent à l’écart les compétences, ou les actions spontanées et non réfléchies mettent à mal les projets à fortes valeurs ajoutées pour nos communautés à travers l’Europe.

Une communauté ou les actions humanitaires visant Haïti l’emportent sur les vrais projets de développement. Une communauté, ou tout le monde pense être le messie capable de sortir Haïti du sous-développement.

Certains croient trop souvent à tort qu’un sac de riz ou quelques bidons d’huile envoyés en Haïti par container peut changer la situation du pays et la condition des gens qui y vivent.

La situation doit changer et nous devons le faire pour le bien de nos communautés et pour le bonheur d’Haïti.

Le changement c’est maintenant

Aujourd’hui, je suis venu faire un appel à tous les haïtiens qui refusent d’évoluer dans une communauté saturée d’organisations à dénominations pompeuses, qui pour certaines, sont dépourvues de légitimité et de représentativité.

En disant ça, j’attire sur moi la foudre car certaines personnes ici présentes dans la salle sont peut-être tentées de répliquer à haute voix : Mais, qu’en est-il de la légitimité et de la représentativité de la FEDHE ?

Pour répondre à la première question, je dirai oui la FEDHE est légitime car tout citoyen est libre de créer une association, de définir la mission celle-ci et de l’enregistrer.

Pour l’autre question qui a trait à la représentativité, je dirai en toute honnêteté non. Non, la FEDHE ne rassemble pas encore un échantillon représentatif des communautés haïtiennes d’Europe, même si des avancées énormes ont été réalisées durant ces deux dernières années sous l’administration de Jean-Pierre.

La FEDHE ne peut avoir cette représentativité sans vous, et vous en êtes tout à fait conscients. Ce qui se fait sans vous, se fait contre vous. C’est pourquoi nous vous invitons à rejoindre le mouvement pour achever ce chantier initié depuis novembre 2012. Vous aurez deux fois plus de fierté à participer à l’achèvement de l’édifice qu’à y héberger après sa construction.

Aujourd’hui l’opportunité s’offre à vous pour intégrer une organisation dynamique, en même temps l’opportunité s’offre à nous de profiter de vos compétences pour structurer et faire progresser le mouvement.

Nous sommes prêts à vous ouvrir les portes de l’organisation. De votre côté, êtes-vous disposez à y entrez ? Nous n’avons pas encore toute l’infrastructure à la hauteur de vos attentes. Néanmoins, nous avons la petite table et les deux petites chaises sur lesquelles nous pouvons s’assoir l’un en face de l’autre pour discuter ensemble en toute franchise sur l’avenir de nos communautés.

Nous avons besoin de vous pour avancer sur le chantier et non pas pour le stopper dans l’espoir de mieux reconstruire avec d’autres personnes. Ces personnes seront, elles aussi confrontées aux mêmes problèmes, aux mêmes contraintes, aux mêmes critiques que celles qui ont eu l’audace et la vision de créer la FEDHE un après-midi de 05 novembre 2012.

Nous savons tous que durant ces dix dernières années, les initiatives visant à fédérer notre communauté, ne se comptent plus sur les doigts de la main. Malheureusement, c’est toujours le même schéma, le même constat qui est devenu presque la norme : Une première réunion bien réussie, une deuxième dans une salle à moitié vide avec de nouvelles têtes, et une troisième, si elle se réalise permet de constater l’échec.

Ce n’est pas le fait de : rebat kat la, à chaque fois pour la redistribuer à d’autres personnes qui peut changer la donne, mais plutôt une redistribution de la bonne carte à la bonne personne.

J’aimerais vous dire que votre place est encore libre au sein de la FEDHE, ne laissez pas la nature l’occuper par quelqu’un d’autre, car dit-on celle-ci a horreur du vide.

La communauté a besoin de vous. Si vous ne vous retrouvez pas dans la mission de la FEDHE, adhérez-vous au moins à la PAFHA, au GRAHN, à l’ATHP, à la VMM, au Collectif, à l’association Maison d’Haïti ; pour ne citer que celles-là. Toutes ces organisations ont leurs faiblesses, mais elles ont fait leurs preuves au cours de ces 15 dernières années pour les plus anciennes. Alors, renforçons-les. En ce faisant, vous ferez quand même partie de la grande famille de la FEDHE, car notre vision est de fédérer toutes les organisations qui œuvrent vraiment dans l’intérêt d’Haïti.

Arrêtons de se mettre distance pour observer et critiquer. Le match ne se joue pas dans les vestiaires, ni dans les tribunes, ni même sur le banc de touche, il se joue sur le terrain avec des joueurs entrainés, préparés physiquement et mentalement.  Ceux parmi vous qui ont eu un passé sportif le savent très bien : Il est toujours plus facile pour celui qui est sur le banc de touche de critiquer l’action du joueur qui est sur le terrain.

La FEDHE a besoin de toutes les forces vives de cette communauté, peu importe la génération peu importe la culture, peu importe le niveau d’intégration.

La FEDHE a besoin de vous pour doter enfin la communauté d’un espace cultuel pour faire la promotion de notre culture à la fois riche et diversifiée.

Elle a besoin de votre engagement pour mettre sur pieds des associations professionnelles qui manquent tant dans le paysage associatif. Ce ne sont pas des médecins qui manquent, ce ne sont pas non plus des ingénieurs qui font défaut, ni des avocats. Il suffit de regarder la composition de l’assistance pour se rendre à l’évidence. Je vois ici des avocats, des juristes, des médecins et infirmières, des psychologues, des artistes, des chefs d’entreprises, des hommes politiques, etc, etc. Il y a dans cette salle et à fortiori dans nos villes françaises les ressources nécessaires pour changer l’image de notre communauté et contribuer à son développement.

La FEDHE existe et elle a besoin de vous pour compléter sa base de compétences et mettre celle-ci  à disposition des associations qui en ont besoin.

La FEDHE a besoin de vous pour s’ouvrir encore plus sur l’Europe afin de fédérer encore plus de personnes, d’associations et d’entreprises.

Travaillons ensemble. Portons un démenti formel à l’idée selon laquelle les haïtiens ne peuvent pas se mettre ensemble pour travailler sur un projet commun.

          La FEDHE a besoin de vous pour présenter des modèles de réussite à nos jeunes concentrés dans nos églises.

  • La FEDHE a besoin de votre soutien pour soutenir nos compatriotes défavorisés.

Nous devons apprendre à conjuguer nos efforts pour quintupler nos performances. Mutualiser nos moyens et nos ressources pour un meilleur impact sur l’avenir.

Nous avons besoin d’une prise de conscience collective, pour un renversement de situation, pour faire de nos communautés haïtiennes d’Europe un modèle d’intégration et de cohésion.

Merci

 Jocelyn JEAN LOUIS

Président de la FEDHE

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